Témoignage : j’ai passé le concours d’entrée à Sciences Po Paris

Le billet qui va suivre est plus long et plus personnel que les autres articles publiés sur Quatre Quarts. Celui-ci n’implique que mon avis et ma vision personnelle du concours de Sciences Po Paris.

Le but n’est pas de dégoûter qui que ce soit de l’institution ou du concours en lui-même. Si je suis très critique à son sujet, il y a des personnes (j’en connais) pour lesquelles tout s’est bien passé, concours réussi ou non. Mon expérience ne s’applique pas à tout le monde et ne doit pas être considérée comme étant la norme.

 

Les 23 et 24 février derniers a eu lieu l’examen d’admission de Sciences Po Paris, examen auquel j’ai participé. L’examen est à lui seul une expérience à part entière et il fallait que je prenne le temps d’écrire quelques lignes à ce sujet.

Pour poser un peu de contexte, l’admission à Sciences Po se passe en deux étapes : le dossier et le concours. Le premier est composé (entre autres) d’une lettre de motivation et est noté d’une lettre, A, B, C. Ensuite vient le concours, d’abord un écrit (qui donne également une note A, B ou C) et d’un oral, passé uniquement si vous êtes décrété admissible (à savoir si vous obtenez AA, AB ou BA aux deux premières étapes). Si on parle souvent de « concours de Sciences Po », la partie écrite se révèle plutôt être un examen : pas de quotas, si vous êtes au dessus de la note demandée vous obtenez la lettre associée. Ce que Sciences Po ne manque pas de rappeler dans le mail envoyé une semaine avant l’examen à tous les candidats qui n’ont pas été déclarés admissibles sur dossier, même si la réalité est un peu différente. Sur le site, à la page destinée aux élèves non admissibles, il est écrit que les conversions sont effectuées « en fonction de la moyenne générale obtenue par tous les candidats ». Examen, donc, mais dépendant tout de même du reste du groupe.

 

Comment je me suis retrouvée à l’examen

Je me suis inscrite à l’examen de sélection de Sciences Po sur un coup de tête, presque au dernier moment. La première fois que j’ai tenté de m’y intéresser, le contenu des cours me plaisait mais j’étais (déjà) à l’époque considérablement refroidie par le soi disant « esprit Sciences Po » : l’étudiant auquel on répète qu’il est l’élite et qui considère d’un mauvais œil ce qui est différent. C’était en août ou septembre dernier et je n’y ai pas repensé avant fin novembre, une fois la période d’inscription commencée. C’est un ami (qui a également passé le concours) qui m’avait prévenue, le trimestre touchait à sa fin (le seul de terminale qui compte pour l’inscription à Sciences Po) et je me suis dit « allez, je le fais ». J’ai créé mon dossier le même jour et je l’ai rendu au dernier moment, le soir du 2 janvier (la date limite du rendu).

Aussi étrange que cela puisse donc paraître, Sciences Po n’est donc pas mon premier choix. Ce qui aurait pu être un avantage pour le concours, mais qui s’est révélé ne pas être un point positif, du tout : à côté, l’école que j’ai identifiée comme premier vœu sur Parcoursup est plutôt attentive aux bulletins dans son processus de sélection. Je n’étais pas en mesure de lâcher un peu de lest sur les cours pour me concentrer pleinement sur le concours.

A titre personnel, j’ai trouvé que la partie des révisions du concours était compliquée à coupler avec une vie d’élève de terminale lambda, en particulier quand votre premier choix n’est pas Sciences Po. J’ai commencé à réviser vers la mi-janvier et durant ce que j’appellerais tendrement mon rush de fin (environ une semaine et demi avant l’examen jusqu’au matin même où j’ai travaillé dans le métro) je n’ai plus pensé qu’au concours au point que ça en devenait presque une obsession. Lorsque vous vous inscrivez, on ne vous parle pas du poids mental qu’a le concours sur vous : quand vous ne travaillez pas, vous vous dites « je devrais être en train de travailler » et vous vous culpabilisez de ne pas le faire. C’est ce qui a été pour moi le plus difficile à supporter et aussi certainement la plus grande source de stress. L’examen étant en lui-même particulièrement stressant à lui tout seul, tant au niveau de la difficulté (présumée ou réelle) que du travail à accomplir : pour l’épreuve d’histoire il faut apprendre la totalité du programme de première, pour celle d’option en SES (celle que j’ai choisie) il fallait apprendre aussi le programme de première en plus des deux premiers thèmes de terminale, soit 25 chapitres pour les deux épreuves. J’ai eu la chance de recevoir un tout-en-un de révisions pour Noël (celui-ci qui était franchement plutôt bon) ce qui m’a permis de ne pas avoir à subir en plus le stress de devoir trouver des cours corrects par moi-même. En soit, la pression est certainement tout à fait gérable si on y est préparé, si l’on sait que l’on va devoir y faire face. Seulement, je ne l’étais pas.

 

Jours de concours

J’ai passé le concours au centre situé à Paris, qui se trouvait cette année au Parc Floral de Paris, pas loin du Château de Vincennes.

Il faut savoir que le lieu choisi est assez déroutant puisque quand vous regardez sur Google Maps il parait être en dehors de Paris, au point que je me suis demandé plusieurs fois si je regardais le bon endroit sur la carte.

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Si on vous donne techniquement tous les éléments pour trouver votre lieu d’examen sur la convocation, je pense qu’il aurait été appréciable d’indiquer la station de métro la plus proche, ne serait-ce que sur le site internet de Sciences Po. Ce qui aurait certainement pu éviter aux grands anxieux comme moi de passer la totalité du voyage à se demander s’ils allaient dans la bonne direction.

Une fois plus proche du Parc Floral, il était plutôt simple de trouver l’endroit où aller puisque le nom de l’entrée (il y en a plusieurs) était indiquée sur la convocation, avec en plus quelques panneaux sur les grilles pour guider vers la bonne entrée. Une fois dans le parc, le chemin est aussi guidé jusqu’à l’espace événement (où nous avons composé) donc pas de problèmes de ce côté-là. Le lieu est très beau, c’est un point à souligner. Le dimanche, j’ai même eu l’occasion de voir un paon lorsque j’étais en train de manger.

Sur la convocation il était écrit que nous devions arriver une heure et demi avant le début de l’épreuve pour des questions de plan Vigipirate. Il était aussi précisé que tous les candidats seraient fouillés et que leur identité serait systématiquement contrôlée, ce qui n’a pas vraiment étonnée. Sauf que, surprise : je n’ai pas été contrôlée à mon entrée dans l’espace événement, et j’étais loin d’être la seule. J’ignore si c’était pour fluidifier l’entrée des candidats (qui faisaient encore la queue sur plusieurs dizaines de mètres trente minutes avant l’épreuve) mais on n’a vérifié ni mon sac, ni ma carte d’identité ni même si j’avais une convocation. L’organisation laissait un peu à désirer le premier jour, ce qui a participé à créer une ambiance anxiogène pour les candidats et leurs accompagnateurs. Seulement, j’imagine qu’un tel événement doit être compliqué à gérer donc c’est au final assez compréhensible.

J’ai alors cherché ma porte que j’ai trouvée plutôt facilement aussi grâce aux panneaux. Définitivement, savoir où aller une fois que vous êtes proche du parc ne devient plus jamais un problème puisque tout est clairement indiqué. Je suis donc rentrée dans ma zone. Je ne savais pas réellement à quoi m’attendre en arrivant puisque je n’avais pas lu de textes qui expliquait le déroulé précis de l’examen et dans quel genre d’environnement nous allions composer. A ce moment-là, je commençais à être vraiment très stressée. Même si j’étais à priori moins préoccupée par l’idée de réussir ou non l’examen, tout ceci était très nouveau pour la petite élève de terminale que je suis. Je suis très loin d’être une bête de concours, je n’avais pas fait de prépa Sciences Po et ma seule expérience d’un examen important était constituée des épreuves du brevet et du bac de sciences et de français. Globalement, c’était une grande découverte pour moi.

Quand vous entrez dans la zone, la première chose qui vous frappe c’est le bruit. Des gens qui parlent, des chaises qui bougent, des bruits de fermeture éclair lorsque quelqu’un ferme son sac et une voix dans un haut parleur qui demande à tous les nouveaux arrivants de s’asseoir. L’espace événement est une sorte d’énorme salle avec plein d’angles, un peu comme à Paris Porte de Versailles, et celle-ci était remplie de tables et de chaises à perte de vue. Vraiment à perte de vue. Nous devions être au moins mille rien que dans la partie que je pouvais voir et il y avait d’autres zones qui se trouvaient dans des angles qui ne m’étaient pas visibles. C’est quelque chose de vraiment très impressionnant, en particulier quand vous n’y avez pas été préparés. Vous vous sentez vraiment tout petit, vous vous dites « bien, je vais devoir sortir un minimum du lot par rapport à tous ces gens-là ».

Une fois l’effet de surprise passé, il faut trouver sa table, ce qui n’est évidemment pas simple vu le nombre de tables dans la zone. Heureusement, les surveillants guidaient les élèves jusqu’à leur rangée. Une fois assis, vous vous installez, vous sortez vos affaires, stylos, bouteille d’eau, convocation… Détail important : une bonne partie des tables étaient bancales. Et quand je dis une bonne partie, je ne plaisante pas : les surveillants avaient des grands sacs en plastiques remplis de morceaux de cartons qu’ils donnaient aux candidats pour caler leurs tables (il faut quand même souligner qu’une solution a été proposée pour que l’on puisse composer sur une table stable). En plus de l’environnement, les gens sont aussi déstabilisants (malgré eux) : autour de moi beaucoup avaient l’air de se connaitre et discutaient quand je ne connaissais vraiment personne. J’avais l’air d’être une des seules à être dévorée par le stress. Je ne sais pas si les gens de ma zone avaient une très bonne gestion de leurs émotions ou s’ils n’étaient pas stressés du tout (ce dont je doute) mais alors que j’étais au bord des larmes j’entendais des gens plaisanter gaiement jusqu’au tout dernier moment, celui où l’on nous a donné les consignes. Globalement, ces consignes ressemblent plutôt à celles du bac. Pas de sorties avant la fin de la première heure et pendant le dernier quart d’heure, coller les étiquettes sur les copies… Ce qui a été plutôt surprenant, c’est qu’on nous a dit que si on voulait rendre copie blanche, on devait écrire « je rends copie blanche » sur la copie. Le moment des consignes est un moment un peu lunaire, où un hangar de lycéens se tait au même moment alors qu’ils parlaient tous la seconde précédente, et où vous entendez alors des choses comme « bienvenue à l’examen d’admissibilité du concours de Sciences Po Paris » ou « glissez vos sacs sous vos chaises ». Un autre moment hors du temps a eu lieu durant les consignes de la première épreuve : alors que les surveillants distribuent les sujets, la voix du haut-parleur demande à tous ceux qui ont pris SES de lever le bras. A ce moment, cinq cent personnes au moins lèvent le bras, dont moi. Et après une seconde de silence où nous nous sommes tous dévisagés, nous avons tous éclaté de rire exactement au même moment. C’est une anecdote dont je me rappellerai toujours, qui me donne le sourire et qui constitue à elle-seule l’une des raisons pour lesquelles je ne regretterai jamais d’avoir passé ce concours.

Pour l’épreuve à option, j’avais donc choisi la SES. L’épreuve est composée d’une question sur un phénomène macro ou microéconomique (un peu comme une EC1 pour les initiés) et d’une dissertation. Il faut dire que cette année nous avons été plutôt chanceux puisque le sujet de la dissertation portait sur quelque chose que j’avais fait en cours la semaine précédente (et je pense que je ne suis pas la seule). Après avoir pleuré un bon coup face au sujet, je me suis donc mise à composer. L’épreuve dure trois heures, et ce qu’il est primordial de savoir avant le jour J c’est que trois heures, c’est court pour faire ce qui est demandé. En guise de comparaison, l’épreuve de SES d’un bac ES dure quatre heures, au cours desquelles on fait soit une épreuve composée, soit une dissertation. Ici, en une heure de moins, il faut pouvoir faire la dissertation et une question en plus qui demande tout de même plus d’une demi-heure. J’ai à peine eu le temps de relire ma copie à la fin. Quant à l’épreuve de langues, le temps donné (une heure et demi) est relativement correct pour ce qui est demandé : quatre questions de compréhension du texte et un essai de deux pages sur un sujet lié au texte. Deux pages, ça peut paraître beaucoup, mais pour l’épreuve de langue on écrit sur des copies prévues pour et les pages comportent moins de lignes qu’une copie double standard.

Il y avait une demi heure de pause entre l’épreuve à option et celle de langue, mais nous n’étions pas autorisés à sortir, ce qui est très, très dommage. Nous ne pouvions même pas nous lever pour faire quelques pas. A ce moment-là il était environ 16h, nous étions là depuis trois à quatre heures et la grande majorité des candidats (dont moi-même) n’avaient pas bougé depuis leur arrivée. J’espérais pouvoir aller aux toilettes, c’était raté. Au final nous sommes sortis aux alentours de 18h30 de la salle, ce qui fait que nous sommes restés environ six heures sans bouger et sans pouvoir aller aux toilettes. Pas top. Techniquement, c’était possible d’aller aux toilettes pendant ces six heures, mais il aurait fallu y aller pendant une épreuve et si j’étais sortie à ce moment-là j’aurais manqué de temps pour terminer de composer. Le temps de traverser tous les portails, il était déjà 19h et je suis rentrée chez moi aux alentours de 21h. Je n’avais qu’une hâte : finir les épreuves et ne plus jamais en reparler.

 

Le dimanche avait lieu l’épreuve d’histoire. L’organisation s’était déjà beaucoup améliorée par rapport à la veille et les candidats rentraient de manière beaucoup plus fluide, ce qui est un très bon point. J’ai même été contrôlée avant de pouvoir rentrer dans l’espace d’examen.

Cependant, j’ai raté l’épreuve.

Comme dit auparavant, coupler une vie d’élève de terminale et les révisions du concours est parfois très ardu et j’ai dû faire l’impasse sur certains chapitres du programme. Qui sont évidemment tombés au concours. L’épreuve dure quatre heures, elle est constituée d’une composition et d’une étude de document, comme l’épreuve du baccalauréat d’histoire et géographie. Je n’avais révisé aucun des deux sujets tombés en composition et celui d’étude de document non plus. J’avais déjà la chance d’être beaucoup moins stressée que la veille, ce qui a fait que j’ai pu garder mon sang-froid en voyant que j’étais sur le point de rater l’épreuve. J’ai essayé de bricoler quelque chose à partir de connaissances personnelles pour la composition et j’ai fait au mieux que j’ai pu pour l’étude de document. Je suis sortie environ quarante minutes avant la fin de l’épreuve.

Le moment de la sortie était l’un des plus beaux moments de tout le week-end de concours. Je suis sortie de la salle et j’ai marché lentement vers la sortie du parc, qui était toujours ouvert au public. J’ai entendu des enfants qui riaient, j’ai vu le soleil qui commençait déjà à descendre. En me retournant vers l’espace d’examens, j’ai pensé « c’est fini ». C’était terminé. Les épreuves étaient finies. On se sent libre. J’avais en plus la chance d’être en vacances juste après le concours, elles commençaient à ma sortie de la salle ce qui rajoutait encore du positif au moment. On pense « ce n’est plus de mon ressort ». Les copies sont rendues, plus moyen d’ajouter des informations. Mon sort n’est plus entre mes mains.

 

Le mot de la fin

Le concours de Sciences Po est, comme je le disais, une expérience à part entière. Environ dix heures étalées sur deux jours au milieu de plus de mille autres personnes, à composer pour rentrer dans une grande école, c’est un événement qui ne s’oublie pas et surtout qui aide à limiter le stress avant des contrôles de lycée. Parce qu’aucun examen ne peut être plus anxiogène que lorsqu’il est réalisé dans un hangar au milieu d’un millier d’autres élèves, avec des bruissements de feuilles permanents et des grincements de chaises. Au cours d’un examen, rien n’est plus anxiogène que de voir quelqu’un deux tables plus loin demander une autre feuille lorsque tu en es à peine à la moitié de la tienne, rien n’est plus anxiogène que d’entendre « il vous reste cinq minutes » dans un haut-parleur alors que ta conclusion n’est pas finie et surtout rien n’est plus anxiogène que d’entendre quelqu’un dire « c’était trop facile » quand toi, tu es loin d’avoir trouvé ça « trop facile ». Un grand concours comme celui de Sciences Po est probablement l’une des expériences les plus stressantes qu’il m’ait été donné de vivre.

En parallèle, le concours et les candidats du concours m’ont mise face à une réalité pas forcément agréable : même si je suis bonne élève, je ne me sentais pas à la hauteur (et je n’ai pas été à la hauteur). Quelque part, dans le regard de ce petit groupe que j’ai croisé dans le métro en allant à l’épreuve du dimanche, ou dans l’expression de cette fille deux rangs plus loin quand j’ai levé la main pour rendre ma copie d’histoire quarante minutes avant la fin, je sentais que je n’étais pas à ma place. C’est principalement pour cette raison que, lorsque j’ai reçu le 2 avril le mail qui me confirmait que je n’étais pas admissible, je n’ai pas été déçue. Tout d’abord, au vu du désastre qu’avait été mon épreuve d’histoire, cela n’a pas été une surprise. Mais surtout, si je n’avais pas pu me sentir à ma place lors du concours, je comprenais mal comment cela pouvait être différent si je finissais par étudier à Sciences Po. A ce que j’ai pu constater, Sciences Po est un esprit et je ne semble pas l’avoir. Ce qui n’est, en soit, ni bon ni mauvais.

Mais au delà de tout ceci, il y a la gratification d’être là. De rendre une copie comme tout le monde dans la salle, d’avoir écrit des trucs pas si mauvais que ça dessus, et surtout de sortir et de se dire « je l’ai fait ». Même si je sais d’ores et déjà que je ne pourrais pas me rendre à l’oral, j’ai la fierté d’être allée jusqu’au bout et d’avoir écrit des choses dont je n’ai pas à rougir. Lorsque l’on m’a demandé si j’avais réussi mon concours, j’ai répondu « non, mais je suis fière de moi ». Parce que je l’ai fait. J’ai fait le concours de Sciences Po.

 

Ce que je donnerais comme principal conseil à tous ceux qui voudraient faire Sciences Po, ce serait de ne pas prendre la chose trop au sérieux. Evidemment, il ne faut pas être nonchalant, mais il ne faut pas avoir la sensation de jouer sa vie. Même si vous êtes à fond dans Sciences Po, que vous lisez, mangez, dormez Sciences Po, il ne faut surtout pas se mettre trop la pression au risque de ne pas être au maximum de soi-même. Il y a toujours des solutions si vous ratez. Il y a les IEP de province, il y a les masters, vous pouvez même repasser le concours l’année après votre bac si vous l’avez raté la première fois.

Il faut savoir que ça sera difficile. Ce serait mentir que de dire le contraire : toute la première partie de votre année de terminale sera réservée à Sciences Po, voire même la totalité de votre année si vous êtes sélectionné pour les oraux. Vous serez très stressé, au moins le premier jour du concours, mais si vous partez en le sachant d’avance, vous serez très probablement capable d’y faire face. Il n’y a rien de particulièrement insurmontable.  Au final, il suffit juste de savoir à quoi vous allez avoir affaire, d’être prêt. Et si vous hésitez à passer le concours, faites le malgré tout si vous en avez les moyens. Même si toute la période des épreuves est un peu embêtante, on en ressort grandi. Personnellement, je vais devoir passer des concours plus tard, pour faire les études que je souhaite faire. Sciences Po était un peu mon crash test. J’aurai déjà l’expérience d’un concours et je ne découvrirai pas la chose sur le moment. Une autre chose très importante : ne rendez pas votre dossier de candidature au dernier moment et ne vous dites surtout pas que « vous avez le temps ». C’est le meilleur moyen pour renforcer le stress et prendre le risque de rendre quelque chose de médiocre.

Mais surtout, faites de votre mieux. Comme dans tous les concours, cela ne dépend pas uniquement de vous mais aussi des correcteurs, du nombre de places, des autres candidats, des circonstances… Vous ne pouvez pas prévoir, alors faites juste de votre mieux. Sortez juste de la salle en étant fier de vous. Croyez en vous même si on vous regarde comme si vous n’aviez rien à faire là. Vous seul savez ce que vous valez, pas ceux qui vous jugent. Et n’oubliez pas que si vous ratez, vous pouvez toujours recommencer. Bon courage à vous !

 

 

Photographie en tête d’article : Sciences Po Paris, 28 rue des Saints-Pères, Paris 7e par Celette (page d’origine ici) / Wikimedia Commons (licence CC BY-SA 4.0)