4 manières simples d’aider l’environnement au quotidien

Cet article fait appel à de nombreux chiffres, études et ressources extérieures. Toutes les sources sont disponibles en cliquant sur les chiffres en question.

Le paragraphe sur la salle de bain parle de menstruations. Si ce sujet vous dérange, il vaut mieux passer cette partie.

Récemment, avec les Fridays For Future (mouvement de grève étudiante lancé en août 2018 par la suédoise Greta Thunberg), la pétition l’Affaire du Siècle (et la Marche du Siècle du samedi 16 mars 2019) ainsi que l’étude alarmiste de l’ONU, plaçant le « point de non-retour écologique » à 2020, les problématiques environnementales sont au cœur des débats publics et des médias. Il faut dire que selon certains experts, les lycéens et étudiants d’aujourd’hui (et par conséquent, ma génération) seraient la dernière génération à pouvoir espérer changer les choses et éviter le désastre écologique vers lequel nous fonçons.

Evidemment, le principal changement doit venir des multinationales et des industries : selon un rapport réalisé en 2017 par l’ONG Carbon Disclosure Project, 100 entreprises seraient responsables à elles-seules de plus de 70% des émissions mondiales de carbone. Le carbone est un des gaz provoquant l’effet de serre, qui est responsable en grande partie du réchauffement climatique. Difficile d’être optimistes face à cette information. Cependant, il a été prouvé de nombreuses fois au cours de l’histoire que des petits gestes généralisés peuvent parfois amener à quelque chose de bien plus grand. Parce que les petits ruisseaux font les grandes rivières, voici 5 manières d’aider l’environnement au quotidien, sans faire (trop) d’efforts.

 

Acheter des fruits et légumes de saison (et locaux)

Concrètement, à quel point ça pollue d’acheter des fruits et légumes hors-saison ? Beaucoup : il faut chauffer les serres lorsque c’est produit localement, acheminer les produits si c’est produit hors du territoire… On estime que lorsqu’une tomate est cultivée hors saison et en serre chauffée, elle consomme dix fois plus d’énergie et elle émet dix fois plus de dioxyde de carbone (le fameux responsable de l’effet de serre) qu’une tomate cultivée en pleine saison, en plein air. D’ailleurs, les émissions de gaz à effet de serre dues à l’alimentation représentent 30% des émissions totales d’origine humaine. C’est plus que les transports et le chauffage des bâtiments. Pour limiter cet impact, il est possible de consommer des fruits et légumes de saison. En plus de moins polluer, un fruit ou un légume de saison a souvent meilleur goût, est moins exposé aux pesticides et coûte généralement moins cher. Vous pouvez imprimer un calendrier des fruits et légumes de saison et le coller sur votre frigo ou vos placards, ou si vous préférez l’avoir sur vous pour faire les courses vous pouvez télécharger l’application Etiquettable (gratuite sur iOs et Android) qui contient plein d’autres ressources pour un mode de consommation plus écologique (comme la liste des poissons menacés par la surpêche).

 

Moins polluer dans sa salle de bain

Limiter son impact polluant passe aussi par la réduction de ses déchets, et la salle de bain est un nid à déchets. Vous pouvez utiliser des shampoing et gels douche solides, qui en plus de nécessiter moins d’emballages durent généralement plus longtemps que leurs équivalents en bouteille. Pour les personnes qui se maquillent, les cotons démaquillants sont aussi un déchet qui peut facilement être contourné à travers des sets de cotons en tissus réutilisables. Egalement, pour les personnes qui ont leurs règles, qui ne souhaitent pas utiliser de Cup et qui ne sont pas trop dérangées par la vue du sang, les serviettes hygiéniques lavables sont un bon investissement pour limiter ses déchets. On m’a personnellement conseillé celles de Dans ma Culotte (que je n’ai pas pu tester pour l’instant), en ajoutant cependant que les serviettes flux normal sont un peu petites. Si elles peuvent paraître un peu chères, elles semblent être un bon investissement car elles ont une durée de vie de trois ans. Sinon, d’autres marques proposent des produits similaires à des prix plus abordables.

Attention malgré tout à la composition des produits que vous achetez.

 

Faire le ménage dans son ordinateur

Les ordinateurs sont aussi une forte source de pollution à cause de l’électricité qu’ils consomment. Or, produire de l’électricité génère du carbone, sans parler des effets du nucléaire en particulier (qui utilise beaucoup d’eau et crée des déchets radioactifs). Évidemment, il est important de toujours éteindre ses appareils quand ils ne sont pas utilisés. Si vous voulez vous assurer que vos appareils ne consomment pas lorsque vous ne les utilisez pas, vous pouvez les débrancher ou les brancher sur une multiprise avec un bouton pour activer/désactiver.

Au niveau de l’utilisation de votre ordinateur, il y a également plusieurs choses que vous pouvez faire. Tout d’abord, vous pouvez utiliser un moteur de recherche « écologique » comme Ecosia (qui plante des arbres) ou Lilo (qui vous permet de donner de l’argent au fil de vos recherches à l’association de votre choix, y compris des associations environnementales). Ma préférence va vers Lilo car le problème d’Ecosia est que les recherches passent par les plateformes de Bing et Yahoo, qui sont plutôt polluantes (plus que celles de Google).

Ensuite, vous pouvez trier (et supprimer) régulièrement vos mails : selon la startup française Cleanfox (dont l’étude est détaillée dans un article de 20minutes), pour chaque email stocké, dix grammes de CO2 sont générés par an, sachant que 100 kilomètres en voiture équivalent à environ 20 kilogrammes de CO2, soit 2000 mails. Cette pollution est due aux data centers (des centres de traitement des données) sur lesquels sont stockés les mails, qui polluent beaucoup. Pour limiter cet impact, vous pouvez régulièrement trier vos mails (en supprimant les plus inutiles et les plus encombrants) et vous désabonner des newletters qui pourraient vous envoyer d’autres mails à supprimer par la suite.

Enfin, vous pouvez utiliser un « mode sombre ». Un mode sombre c’est, comme son nom l’indique, un mode qui est sombre. La plupart des sites internet que vous utilisez tous les jours sont équipés d’un mode clair (celui là compris) donc essentiellement composé de blanc et de teintes claires. Le mode sombre, lui, fait l’inverse : il affiche du noir et des couleurs sombres. Tout le secret provient du fait qu’un écran consomme plus d’énergie à afficher du blanc que du noir, et s’il consomme plus d’énergie, il doit être chargé plus souvent et donc utilise plus d’électricité. Si le mode sombre est bon pour la planète, il présente de nombreuses autres utilités : il aide à mieux se concentrer, il abîme moins les yeux et il diffuse moins de lumière bleue. Les modes sombres ne sont pas présents sur tous les sites internet et applications, mais de plus en plus d’entre-eux rendent disponible cette fonctionnalité.

 

Un jour par semaine sans viande

Début janvier 2019, près de 500 personnalités publiques s’engageaient à ne plus manger ni viande ni poisson tous les lundis, pour des raisons éthiques et environnementales. C’est ainsi que sont nés les Lundis Verts. Si à l’époque de son lancement cette opération a suscité beaucoup de critiques, il n’est pas moins clair que la consommation de viande est très polluante. Selon l’appel officiel des Lundis Verts, qui reprend une étude de l’Organisation des nations unies pour l’alimentation et l’agriculture, « produire une seule calorie de viande nécessite quatre à onze calories végétales ». L’élevage nourrit moins de personnes que l’agriculture et c’est une des principales causes de la déforestation : toujours selon l’appel officiel, « 85% des surfaces déboisées de la forêt d’Amérique du Sud ont été dédiées à l’élevage ». Le texte poursuit avec une étude des Nations Unies, indiquant que la production de viande correspond à « 14.5% des émissions totales des gaz à effet de serre ». L’élevage utilise aussi beaucoup d’eau. L’appel officiel au Lundi Vert termine ses explications environnementales en décrivant l’impact sur la pollution de l’air (à l’ammoniaque, dont 70% des émissions sont dues à l’élevage) ainsi que les dégâts de la surpêche.

Les effets positifs de la limitation de la consommation de viande sont multiples : c’est bon pour la planète, c’est bon pour la santé (consommer trop de viande augmente les risques de maladies cardiaques) et c’est plus respectueux envers les animaux. Ainsi, il n’y a (presque) que des bons côtés à se lancer. Cependant, il ne faut pas foncer tête baissée, car quelques détails sont à prendre en compte avant de commencer : tout d’abord, il faut choisir la bonne journée. Si l’idée originale se passe le lundi, rien n’empêche de choisir plutôt le mardi ou le jeudi si cela vous arrange le plus. Le but étant de faire une bonne action pour la planète, les animaux et pour soi, pas de se frustrer, la frustration étant le meilleur moyen d’abandonner. Il faut également savoir où trouver d’autres sources de protéines pour ne pas risquer de développer des carences : dans les œufs et le fromage évidemment, mais aussi dans les lentilles, les pois chiches, la spiruline ou le tofu.

Si vous voulez en apprendre un peu plus sur l’impact polluant de la viande, cette vidéo de Kurzgesagt est très bien faite (des sous-titres en français sont disponibles) :

Why Meat is the Best Worst Thing in the World

Kurzgesagt – In a Nutshell

 

Il est clair que sans grand changement de la part des industries, le monde court probablement à sa perte. Mais avoir conscience de cette information ne doit pas nous empêcher d’agir chacun à notre échelle : si tout le monde faisait un petit effort de son côté, on pourrait peut-être changer un peu les choses. Malgré tout, il ne faut ni se sentir coupable, ni pas concerné : chacun doit agir, mais dans la mesure de ce qu’il peut faire. Aucun grand pas ne sera fait sans l’aide des gouvernements, mais des petites actions généralisées peuvent contribuer à éveiller les consciences et entraîner des événements qui, peut-être, stopperont ce que nous avons nous-même commencé.

 

 

Liste complète des sources :

Photographie en tête d’article par Wil Stewart

 

L’Affaire du Siècle : site internet

Il reste deux ans pour agir contre le réchauffement climatique : étude de l’ONU décrite par Europe1

100 entreprises responsables de plus de 70% des émissions mondiales de carbone : rapport de Carbon Disclosure Project expliqué par Sciences et Avenir

Données sur les fruits et légumes hors-saison : site internet d’Etiquettable

Calendrier des fruits et légumes de saison : par Mes Courses pour la Planète

Comment l’électricité pollue-t-elle ? : par Un Pas pour la Planète

Ecosia : site internet

Lilo : site internet

Pour sauver la planète, commencer par nettoyer vos boites : article de 20minutes

Lundi Vert : site internet

Lundi Vert : appel pour un lundi vert

Kurzgesagt : chaîne YouTube

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